L'économie du Canada est déjà forte; les taux de croissance au Canada dépassent ceux de tous les autres pays du G7. Toutefois, si le Canada veut continuer d'être à la hauteur de son potentiel au sein d'une économie mondiale caractérisée par de nouvelles superpuissances économiques, des chaînes d'approvisionnement internationales « juste à temps » et une concurrence féroce, il doit tenir compte du fait que les infrastructures modernes, efficaces et fiables sont essentielles à la prospérité actuelle et à long terme du pays.
Prévision du trafic des conteneurs
transpacifique 2005-2015

Source : InterVISTAS Consulting, Porte d'entrée et corridor Asie-Pacifique : un contexte stratégique pour un avantage compétitif, mars 2007 [traduction]
L'exportation de biens et de services par le Canada, qui est le pays le plus dépendant du commerce parmi les pays du G7, a compté pour 38 pour cent de son produit intérieur brut (PIB) en 2005. Des échanges commerciaux d'une valeur de plus de 1,8 milliard de dollars se font quotidiennement par la frontière canado-américaine. Cette relation commerciale bilatérale constitue l'une des relations économiques les plus importantes au monde et, au cours des dix dernières années, le commerce avec les États-Unis a augmenté en moyenne de près de 6 pour cent par année1. Cette hausse marquée et soutenue du commerce et de la circulation exerce des pressions incessantes sur les principaux couloirs et postes frontaliers, ce qui crée des engorgements et nuit à la circulation des biens et des personnes. Cela met en péril ces sources de revenus mêmes sur lesquelles dépend le Canada.
Les ports qui relient le Canada à ses clients du monde entier, les principaux passages frontaliers entre le Canada et les États‑Unis, les routes, les voies ferrées et les voies maritimes qui relient tous les points du réseau de transport constituent des infrastructures clés qui doivent répondre aux demandes actuelles et futures. Cependant, bon nombre de ces infrastructures sont déjà mises à rude épreuve, et on n'insistera jamais assez sur l'importance, sur le plan économique, du renforcement de la capacité de ces infrastructures, particulièrement si l'on tient compte du fait que les échanges commerciaux du Canada à l'échelle internationale continuent de croître à un rythme impressionnant2.
Le commerce croissant du Canada avec les économies émergentes, particulièrement en Asie, exerce aussi des pressions sur le réseau de transport. De 1999 à 2004, l'exportation des marchandises du Canada en Chine a augmenté en moyenne de 20 pour cent par année3. Les occasions pour davantage de croissance dans le commerce entre l'Amérique du Nord et l'Asie sont exceptionnelles. La demande d'exportations de marchandises en vrac augmente aussi et les conteneurs sont de plus en plus utilisés pour les importations. Dans ce contexte, le fait de disposer d'infrastructures de transport permettant le déplacement rapide et fiable des personnes et des biens est essentiel à la compétitivité du Canada.
Les infrastructures inadéquates peuvent avoir un effet dissuasif sur les investisseurs étrangers. La recherche démontre que les infrastructures publiques inadéquates tendent à éloigner les investissements étrangers plus que les infrastructures publiques de qualité attirent les investissements du secteur privé. Cette situation, en revanche, semble indiquer que l'infrastructure publique est considérée comme étant « acquise », comme étant quelque chose qui doit exister. En fait, 80 pour cent des dirigeants de multinationales estiment que la piètre qualité des infrastructures a un effet sur le Canada en tant que lieu d'investissement4. Les infrastructures publiques sont également liées à la productivité. Par exemple, la congestion a des conséquences économiques notables, car elle ralentit la circulation des biens et a un effet sur la productivité. Transports Canada estime que le coût annuel total de la congestion, au chapitre de la perte de temps et de la consommation de carburant, pour les neuf principaux centres urbains du Canada5 se situe entre 2,3 et 3,7 milliards de dollars (en dollars de 2002).
Les infrastructures modernes créent également des possibilités d'emploi et attirent les travailleurs qualifiés, particulièrement dans les centres urbains du Canada, ce qui stimule la croissance et renforce la compétitivité des villes. Les trois plus grandes villes du Canada (Toronto, Montréal et Vancouver) génèrent 35 pour cent du produit intérieur brut du pays (PIB), un facteur important de la vaste économie canadienne.
Chaque année, il y environ 10 millions de voyages transfrontaliers effectués par camion entre le Canada et les États-Unis, et la valeur des biens transportés totalise environ 400 milliards de dollars.
Transports Canada, Système canadien de transports
On estime que chaque augmentation de 1 $ du stock net d'infrastructures publiques permettrait aux producteurs du secteur privé de réaliser des économies de 17 cents par année.
Statistique Canada, Le capital public et sa contribution à la productivité du secteur des entreprises du Canada, novembre 2003
2 The Conference Board du Canada, Mission Possible: Sustainable Prosperity for Canada, février 2007.
3 Citation tirée d'un document du ministère des Finances, Plan pour la croissance et la prospérité, novembre 2005.
4 Industrie Canada, Le capital public et sa contribution à la productivité du secteur des entreprises du Canada, juin 2006
5 Transports Canada, Le coût de la congestion urbaine au Canada, mars 2006